dimanche 11 mars 2018

Chapitre 1






Commencement de l'enseignement



1.1 (2:11 à 13 numérotation de la Bhagavad-Gîtâ classique)

Le premie* ne pleure ni les vivants ni les morts**.

Après la mort, l’âme prend un nouveau corps, aussi naturellement qu’elle est passée de l’enfance à la jeunesse, puis à la vieillesse. Ce changement ne trouble pas celui qui a conscience de sa nature spirituelle.

* Amoureux de Dieu, initié à la vraie voie.
** On parle ici du détachement. Le vivant que l'on pleure pas est celui qui vous a quitté, le mort, on sait de quoi il s'agit.


1.2 (2:14 à 16)

Éphémères, les joies et les peines, comme les étés et les hivers qui vont et viennent. Elles ne sont dues qu’à la rencontre des sens avec la matière et il te faut apprendre à ne pas en être affecté.

Celui que n’affectent ni les joies ni les peines, qui en toutes circonstances demeure serein et résolu, celui-là connaîtra le Royaume. Après avoir compris la nature des joies et des peines, les premie ont conclu à l’éternité de la Vérité et à l’impermanence de l’illusion.


1.3 (2:17 à 19)

Ce qui occupe le corps tout entier ne peut être anéanti*. Nul ne peut détruire l’âme.

Elle est indestructible, éternelle, seuls les corps matériels qu’elle emprunte sont sujets à la destruction.

Ignorant est celui qui croit que l'âme peut tuer ou être tuée, le sage, lui, sait qu'elle ne tue ni ne meurt.

* Il est ici question de l'âme qui, pour l'auteur du « chant du bienheureux » (attribué à Krishna) est contenue dans le corps tout entier et qui même « déborde » un peu, ce qui expliquerait l'aura.


1.4 (2:20 à 22)

L’âme n'est limitée ni par la naissance ni par la mort. Immortelle, éternelle, elle n’aura jamais de fin. Elle ne meurt pas avec le corps.

Après la mort l’âme revêt un corps nouveau, l’ancien devenu inutile, de même qu’on se défait de vêtements usés pour en revêtir de neufs.


1.5 (2:23/24)

Aucune arme ne peut prendre l’âme, ni le feu la brûler ; l’eau ne peut la mouiller, ni le vent la dessécher.

L’âme est indivisible et insoluble ; le feu ne l’atteint pas, elle ne peut être brûlée. Il est dit de l’âme qu’elle est indivisible et immuable.


1.6 (2:27 à 30)

La mort est certaine pour ce qui naît, et certaine la naissance pour ce qui meurt.

Toutes choses créées sont, à l’origine, non manifestées ; elles se manifestent dans leur état éphémère et, une fois dissoutes, se retrouvent non manifestées.

Certains voient l’âme et c’est pour eux une étonnante merveille. D'autres ne font qu'en parler et, d'autres encore en entendent parler, il en est, cependant, qui même après en avoir entendu parler ne peuvent y croire.

L'Esprit qui siège dans le corps est éternel, il ne peut jamais être tué.


1.7 (2:39 à 41)

Après avoir reçu la connaissance (non-apprise), de la nature réelle de l'âme, le premie peut maîtriser le mental, ce qui lui permet de connaître le détachement du fruit de ses actes ; c'est-à-dire agir sans être lié à ses actes. Quand cette compréhension le guide, le premie ne goûte plus aux fruits de ses actes mais aux délices de l'harmonie, de sa Grâce.

À qui marche sur La Voie, aucun effort n’est vain, nul bienfait acquis n’est jamais perdu ; le moindre pas le libère de la plus redoutable crainte. Qui marche sur La Voie, résolu dans son effort, poursuit un unique but, rester dans l'harmonie, par contre, la compréhension de celui à qui manque cette constance se perd en maints sentiers obliques.


1.8 (2:42/43)

L’homme peu averti s’attache au langage fleuri des livres saints et savants qui enseignent diverses pratiques pour atteindre les délices de paradis théoriques, pour renaître en des incarnations plus favorables et y gagner la puissance et d’autres bienfaits. Enflammé de désir pour les joies d’une vie opulente, il est aveugle à la Vérité.


1.9 (2:44 à 46)

Tant que tu n'es attiré que par les plaisirs matériels, tant que des joies éphémères te plongent dans la confusion, il t'est impossible d'atteindre l'extase, la béatitude sans limites.

Libère-toi de ta nature primaire*, de tes désirs et reste dans la pleine conscience de L'Unité.

Comme la source remplace avantageusement le puits, celui qui connaît la cause de l'illusion du monde profite des plaisirs du monde sans s'y perdre.

* Les trois gunas.


1.10 (2:47 à 50)

Tu dois assumer tes devoirs sans chercher à les fuir, mais ne le fais pas pour jouir du fruit de tes actes. Ne crois jamais être à l'origine des conséquences de tes actes.

Reste fermement libéré des fluctuations du mental. Fais ton devoir, sans être lié ni par le succès ni par l’échec, c'est ta liberté.

Libère-toi des conséquences par le Service; absorbe-toi en L'Un. Avares sont ceux qui aspirent aux fruits de leurs actes.

Le Service peut, dans cette vie, libérer qui s’y engage des suites de l’action, bonnes ou mauvaises. Efforce-toi d'agir en renonçant aux fruits de tes actes.


1.11 (2:51 à 53)

Absorbé dans le Service, le premie a son refuge dans L'Unité et, renonçant en ce monde aux fruits de ses actes, il s’affranchit du cycle des morts et des renaissances, libre de toute souffrance.

Quand ton esprit aura traversé le mur de l'illusion, tout ce que tu as entendu, tout ce que pourrais encore entendre, te sera indifférent.

Quand ta conscience ne se laissera plus distraire par les connaissances vaines des livres saints, quand elle sera entièrement tournée vers la Réalisation spirituelle, alors tu seras et resteras dans L'Unité. 


1.12 (2:55/56)

Quand un homme s'affranchit des désirs, quand il trouve la satisfaction dans L'Unité, c'est qu'il connaît sa véritable nature.

Celui que ni la souffrance ni les joie d'ici bas ne touchent plus, qu'ont quitté l'attachement, la crainte et la colère, celui-là est un premie réalisé*.

* Un premie (amoureux de Dieu) est un pratiquant de La Voie dont la pratique occupe toute son existence. Un premie réalisé est un premie qui a atteint la Réalisation, qui est du lever au coucher conscient de Saint-Nom ou dans la pratique de la technique du même nom.


1.13 (2:57 à 60)

Celui qui, libre de tout lien, ne se réjouit pas plus dans le bonheur qu’il ne s’afflige dans le malheur, celui-là est fermement établi dans la Connaissance*.

Celui qui peut détacher ses sens des objets du désir, celui-là possède la vraie Connaissance.

Éloignée des sollicitations des sens, l'âme incarnée leur est encore attachée. Mais qu'elle retrouve L'Unité et les désirs se calmeront.

Forts et impétueux sont les sens ; ils captivent même le mental du sage qui veut les maîtriser**.

* La Connaissance non-apprise, celle qui vient du contact répété avec la Vérité, avec la Lumière-intérieure pat la pratique assidue des trois piliers de La Voie et l'Observance de son agya (ses valeurs).
** Il est ici question de la méditation, il est hors de question de vivre au quotidien en libérant ses sens des objets, du monde, de la matérialité.


1.14 (2:61 à 64)

Qui restreint ses sens et s’absorbe dans L'Unité montre une conscience sûre.

En contemplant les objets des sens, l'homme s'attache; d'où naît la convoitise et de la convoitise, la colère.

La colère mène à l'illusion, l'illusion à l'égarement de la mémoire, alors la conscience s'éteint et l'homme se perd dans la vie du monde.

Celui qui maîtrise ses sens, en observant les principes régulant les effets du mental* ; et ainsi s'en libère, celui-là reçoit du Seigneur sa Grâce et se voit ainsi libéré de tout attachement comme de toute aversion.

* Les principes régulant les effets du mental sont, pour La Voie, l'agya. Pour le Yogasûtra il s'agit des « angas ».


1.15 (2:65 à 68)

La souffrance* n'existe plus pour celui qui est touché par la Grâce. Devenu serein sa conscience ne tarde pas à s'éclaircir.

L'âme confuse on ne peut maîtriser le mental, ni approfondir sa conscience. Comment, alors, connaître la paix et goûter au bonheur ?

Comme un vent violent balaie, sur l'eau, une barque, il suffit que l'un des sens entraîne le mental pour que la conscience se perde.

Celui qui détourne ses sens de leurs objets possède une intelligence sûre.

* La souffrance mentale. Une rage de dents est une rage de dents !


1.16. (2 :69/70)

Ce qui est nuit pour tous les êtres devient, pour l’homme qui a maîtrisé les sens, le temps de l’éveil ; ce qui, pour tous, est le temps de l’éveil, est la nuit pour le premie restant dans L'Unité*.

Seul celui qui reste ferme dans le flot des désirs, comme la mer reste immuable malgré les mille fleuves qui s'y jettent, trouvera la paix mais certainement pas celui qui cherche à satisfaire ses désirs.

* Pour la majorité des gens, ces gens qui ne maîtrise ni leurs sens ni leur mental, ce qui est vrai devient faux, ce qui est faux devient vrai, ce qui est ténèbres devient lumineux et ce qui est lumière devient ténèbres tant ils sont confus, aveuglés. Mais, au contraire, celui qui maîtrise ses sens et son mental voir la Lumière dans ce que les autres considèrent comme les ténèbres et les ténèbres, dans ce que les autres considèrent comme la lumière.


1.17 (2:71/72)

Celui que les plaisirs matériels n’attirent plus, qui n’est plus esclave de ses désirs, qui a rejeté tout esprit de possession et qui s’est libéré du faux-ego, peut seul connaître la paix parfaite.

Celui qui, au moment de sa mort, retrouve le chemin de L'Unité, celui là entrera au Royaume.




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Introduction

PDF Le Chant du bienheureux La Bhagavad-Gîtâ, ou « chant du bienheureux » (Bienheureux signifie éveil...